Nous avons des corps

Hélène Oscura

Juin 2001. Un homme et une femme font connaissance dans un bar. Il enseigne la philosophie. Elle est danseuse. Une relation débute, passionnée, lancinante, obsessionnelle. Au-dehors, le monde s’affole. Les Etats-Unis sont victimes d’un attentat qui bouleverse et infiltre les consciences. Dans le couple, la tension monte d’un cran. Est-il question d’amour? C’est probable. Mais l’amour, parfois, emprunte des chemins singuliers.

Nous-avons-des-corps

Extrait 1

Partie II, page 108

– Le fait est que je ne peux pas imaginer ne pas danser. Le mouvement, la tension dans mes muscles, le souffle, la sueur, les corps magnifiés par les jeux d’ombres et de lumières, la sensation d’approcher de la partie de moi la plus enfouie, la plus intime, le plaisir physique de me sentir vivante, l’euphorie, le sentiment d’effleurer la perfection quand la beauté triomphe de l’effort, tout me fascine dans la danse.
Elle se tut. Regarda dans le vide. Entortilla ses doigts. Joua avec sa fourchette.
– Les mots en revanche me laissent toujours sur ma faim. C’est comme…
Elle tritura les légumes dans son assiette.
C’est comme s’ils n’avaient jamais la bonne densité. J’ai toujours trouvé les mots faux. Les corps, eux, ne mentent pas.

Extrait 2

Partie III, page 237

Mais Luc ignorait la voix. Il sortait au soleil et le soleil lui brûlait le visage. Il attrapait un arc, des flèches, sifflait ses chiens. Partait. Il courait dans les bois. Parvenait à une clairière.
C’est là que la vision le foudroyait.
Diane se baignait.
Mais Diane est une déesse pudique et comme dans la légende d’Actéon, elle se fâchait et transformait le malheureux chasseur en cerf.
Un objet brillait à côté de l’animal tandis que ses chiens le dévoraient.
Une corne d’ivoire sertie d’or.
Luc se réveilla en sueur. Il jeta un regard sur le réveil matin. Le cadran luminescent affichait trois heures quarante.
Actéon, bégaya Luc en se prenant la tête dans les mains. Actéon a vu Diane et moi, je t’ai vue, toi. Comme lui, je n’avais rien demandé. Je me promenais, c’est tout. Puis tu es arrivée et je n’ai plus été capable de détacher mes yeux de toi. Comme Actéon, je suis puni de mon indiscrétion. Je n’avais rien à faire là. C’est ma seule faute.

Commande

Nous-avons-des-corps

Ouvrage de 440 pages au format 140x200 mm à commander au prix de CHF 32.– (+ CHF 3.– de frais d’expédition).

Pour l'étranger, € 25.–  (+ € 5.– de frais d'expédition par exemplaire commandé).

Paiement contre facture.